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La Diagonale des Fous 2015

mercredi 28 octobre 2015, par Jan-Willem Stam

A l’occasion de la Diagonale des Fous qui se déroulait du 22 au 25 octobre, 1 athlète et sa conjointe ainsi que 2 autres membres de l’Herbauges Athlé 44 se sont rendus à La Réunion.

Frédy Rachafka était notre seul représentant sur cet évènement si particulier de par sa longueur, sa difficulté, de son ambiance et surtout de sa renommée. 3 courses étaient au programme : Le Grand Raid (164km et 9920m de dénivelé positif), Le Trail de Bourbon (93km et 5650m de dénivelé positif) et La Mascareignes (65km et 3900m de dénivelé positif). Avec la difficulté à l’inscription pour les métropolitains, 50% des 2500 dossards étant réservés au Réunionnais, les inscriptions sur le Grand Raid étaient closes en moins de 3h, Frédy a dû se contenter de la “course d’attente” le Trail de Bourbon et ses 1500 participants (85% de Réunionnais). La plus petite des courses, la Mascareignes regroupait quant à elle 1800 participants. Course d’attente entre guillemet car ca n’en est évidemment pas une, car en pourcentage d’abandon le 93km (40% d’abandons) est devant le Grand Raid en terme d’abandons (30% d’abandons). Pour l’encourager, il est accompagné de sa femme Marie, d’Edith et de moi-même.

L’Avant course :

Arrivés sur l’ile le 11 Octobre, 15 jours d’acclimatation nous attendait. La 1ère semaine a été riche avec visites de l’ile, dégustations des spécialités du coin, randonnées au cœur de l’ile, plages et chaleur. Elle aura été marquée par la découverte du Volcan du Piton de la Fournaise en pleine éruption dont on se souviendra longtemps du froid paradoxal qu’il y faisait le soir. Partant pour se réchauffer les pieds avec les laves à plusieurs milliers de degrés, nous n’avons pas eu froid aux yeux (c’est le cas de le dire) en partant en short et simple veste là-haut. C’est pourtant une attente dans un freezer qui nous attendait là-bas, 1h à attendre la tombée de la nuit, assis au milieu des roches volcaniques et végétation quasi nulle, dans un vent glacial. C’était des vêtements de ski qu’il aurait fallu, et que nous avions bien pris soin de ne pas emmener connaissant le climat Réunionnais. Mais ce sacrifice en a valu le coup, voir le volcan cracher sa lave et la rivière de lave qui s’en déversait, ce spectacle fut majestueux. Un coup de chance car la semaine suivante, le volcan s’arrêta de cracher, seules des fumées s’échappait du cratère. Il est reparti de plus belle quelques jours plus tard en provoquant un incendie au pied du point de vue et a incité les autorités à interdire tout les accès…

Le second temps fort de cette semaine a été notre randonnée dans le beau Cirque de Mafate. Et ce n’a pas été si facile. Partis pour y entrer en randonnant sur le GR R1, les chemins de grande randonnée sont bien balisés, il est facile de les suivre... normalement... nous, on a encore décider de tout faire pour se rappeler de cette randonnée en trouvant le moyen de se perdre au bout de seulement 30 minutes de randonnée et de tourner en rond pour … Revenir au point de départ. Les trailers le disent, on se perd toujours en ayant la tête dans les paysages et faisant des tout droit à l’endroit d’une bifurcation, nous non, on se perd en bifurquant alors qu’il fallait aller tout droit…, surement trop bien balisé pour nous. Nous avons donc révisé nos plans, nous y sommes retournés quelques jours plus tard en changeant notre parcours, notre périple débutant au col des Boeufs, porte d’entrée de Mafate, nous avons randonné 2 jours complets à l’intérieur. Terrain accidenté, avec de forts dénivelés, parfois à flanc de falaise, mais de multiples paysages très variés et des panoramas a couper le souffle. Frédy a ainsi pu visiter de jour ce cirque qu’il avait traversé de nuit il y a 8 ans durant le Grand Raid, un bon entrainement avant sa course.

La Course :

Revenons-en à la course en elle-même. Le départ de la course se faisant à Cilaos à 4h du matin, 1h30 de route depuis notre gîte, sur une route très sinueuse qu’on la nomme « la route aux 400 virages » et ayant une crainte des embouteillages pour y aller, nous partons du gîte en début d’après-midi. Arrivée sur les coups de 16h, pendant que Frédy en profitait pour se reposer, une petite montée de 5km et 1000m de dénivelé pour aller au gîte du Piton des Neiges pour moi. Les genoux s’en rappellent. Le soir, c’est dodo sur le parking … d’une église. 4 dans la voiture pour dormir ce n’est pas le top, Edith et moi- même tentons de dormir à la belle étoile. Le froid et l’humidité ont eu raison de nous, retour dans la voiture. Debout à 1h du matin pour aller sur le site du départ, ça fait tôt, surtout sans pouvoir dormir. Heureusement qu’une animation pour le moins inhabituelle venait nous réveiller une fois sur place. Dans les 1ers arrivés, nous avons voulu passer la ligne de départ pour aller à la vérification du matériel. Seulement, un commissaire, ayant surement un peu trop abusé du punch, s’est mis en tête d’empêcher les passants de passer. Dans un 1er temps il a trainé 2 barrières dans un bruit étourdissant, ensuite de les installer violemment en hurlant “vous ne passerez pas”, et pour finir en jetant d’autres barrières sur les passants tout en hurlant (oui oui les grandes barrières en ferrailles). Pas loin de 10 barrières parsemées sur la route comme champ de bataille, nous avons décidés de contourner le problème et de prévenir la sécurité (qui n’en croyait pas leur yeux en nous écoutant). Tout s’est finit quand ils l’ont viré des lieux. 20 ans dans l’athlé, jamais vu ça !!! S’en est suivi 3 longues heures d’attente dans la nuit et dans le froid.

4h, le départ est donné aux 1500 participants. Et seulement 851 arrivants….. Comme quoi, même avec une distance plus petite, le seulement 90km, a été très difficile. Frédy, lui s’en est très bien sorti. Un départ tranquille, il pointe à la 390ème (28ème V2) après 13km, 348ème (21ème V2) au 25ème km, il a ensuite mis un coup d’accélérateur pour passer 183ème (12ème V2) au 40ème km. Grapillant régulièrement des places au fil de la course, il passe devant nous au 62ème km 112ème (7ème V2), place en V2 qu’il va garder jusqu’à la fin. Changement de maillot, et refait le plein d’eau et gels pour la fin de course. Au 79ème km il passe dans les 100 premiers (92ème) . Il finit ces 93km à la 83ème place et donc 7ème V2, en 20h10min. A noter : Les 4 derniers km en descente sur les fesses, c’était le tarif pour tous les concurrents du Trail de Bourbon, la descente déjà très technique par temps sec est devenue une patinoire en forme de toboggan avec la pluie. 1h30 qu’il aura fallu à Frédy pour descendre et terminer les 4km (50min pour le 1er) et finir dans un état égal à la fin d’un cross très boueux. On vous épargnera les photos des pieds de notre athlète à la fin de cette épreuve. Le 1er du Trail de Bourbon termine en 13h46, 14h13 pour le 2ème, 14h30 pour le 3ème, 1ère féminine en 15h20 et le dernier en 34h37.

Concernant le Grand Raid, le 1er, Antoine Guillon (On était assis juste à côté de lui à l’aéroport au retour pour l’anecdote) a terminé en 24h17, avec un doigt cassé en chutant. 24h41 pour le 2ème, 25h17 pour le 3ème, 1ère féminine en 28h11 et le dernier (1731ème sur 2500 au départ) en 64h52.

Un jour, qui sait, d’autres "fous" du club seront sur cette course, qui donne envie malgré tout de vivre cette expérience d’un des trails les plus difficile au monde. Elle porte très bien son nom de "Diagonale des fous"....

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